
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026
Présentation des principales mesures intéressant les employeurs et les travailleurs indépendants issues de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026.
Les cotisations sociales
Hausse de la contribution spécifique due sur les indemnités de rupture
- l’indemnité conventionnelle ou légale de licenciement ;
- 50 % de l’indemnité octroyée au salarié ;
- deux fois la rémunération annuelle brute qu’il a perçue au cours de l’année civile qui précède la rupture.
Extension de la déduction forfaitaire de cotisations sur les heures supplémentaires
- 1,50 € par heure, pour les entreprises de moins de 20 salariés (ou 10,50 € par jour de repos auquel renoncent les salariés soumis à un forfait annuel en jours) ;
- 0,50 € par heure, pour les entreprises comptant au moins 20 et moins de 250 salariés (ou 3,50 € par jour de repos auquel renoncent les salariés soumis à un forfait annuel en jours).
Hausse des majorations en cas de redressement pour travail dissimulé
- de 25 % ;
- ou de 40 % lorsque cette infraction est commise à l’égard de plusieurs personnes, d’un mineur soumis à l’obligation scolaire ou d’une personne vulnérable ou lorsqu’elle est commise en bande organisée.
Sanction de l’absence de négociation sur le maintien en emploi des seniors
À noter : cette mesure entrera en vigueur lorsque le décret fixant les conditions de détermination du malus sera publié.
Réduction de l’aide à la création d’entreprise
- les personnes relevant de l’une des catégories de l’article L5141-1 du Code du travail (qu’ils soient ou non micro-entrepreneurs) ;
- les créateurs ou repreneurs d’une entreprise implantée dans une zone France ruralités revitalisation (ZFRR ou ZFRR +) ;
- et, comme auparavant, les conjoints collaborateurs d’un travailleur indépendant (autre qu’un micro-entrepreneur) bénéficiaire de l’Acre.
Précision : relèvent de l’article L5141-1 du Code du travail notamment les demandeurs d’emploi indemnisés, les personnes âgées de 18 à moins de 26 ans, les personnes âgées de moins de 30 ans qui sont handicapées ou qui ne remplissent pas la condition de durée d’activité antérieure pour bénéficier de l’allocation chômage et les personnes physiques créant ou reprenant une entreprise implantée au sein d’un quartier prioritaire de la politique de la ville.
Exception : les exploitants agricoles ne sont pas concernés par ce changement. Ils continuent donc de se voir appliquer le régime de l’Acre tel que prévu jusqu’au 31 décembre 2025.
Les prestations sociales
Instauration d’un congé supplémentaire de naissance
À noter : pour avoir droit à ce congé, les parents devront avoir pris leur congé de maternité, de paternité et d’accueil de l’enfant ou d’adoption (sauf s’ils ne peuvent pas en bénéficier faute de remplir les conditions requises pour percevoir des indemnités journalières de la Sécurité sociale comme une durée d’affiliation au régime de la Sécurité sociale insuffisante, par exemple).
- la possibilité de fractionner le congé en deux périodes d’un mois ;
- la possibilité de prendre ce congé jusqu’au 9e mois de l’enfant ;
- pour les salariés, un délai de prévenance de l’employeur fixé à un mois (15 jours, en principe, lorsque le congé est pris immédiatement après le congé de paternité et d’accueil de l’enfant ou le congé d’adoption) ;
- un montant des indemnités journalières versées aux salariés fixé à 70 % du salaire net antérieur le 1er mois, puis à 60 % de ce salaire le 2nd (indemnité journalière forfaitaire pour les travailleurs indépendants ou allocation supplémentaire de remplacement pour les non-salariés agricoles).
En pratique : le gouvernement a annoncé que, pour des raisons pratiques de mise en œuvre, les parents ne pourront poser ce congé qu’à compter du 1
Limitation de la durée de prescription des arrêts de travail
- un mois pour les arrêts de travail initiaux ;
- 2 mois pour les arrêts de travail de prolongation.
À noter : le prescripteur de l’arrêt de travail pourra déroger à ces durées maximales s’il justifie de la nécessité d’une durée plus longue compte tenu de la situation du patient et, le cas échéant, des recommandations établies par la Haute autorité de santé.
Modification de la procédure de reconnaissance des maladies professionnelles
- la maladie inscrite dans un tableau mais pour laquelle l’ensemble des conditions exigées pour sa reconnaissance en tant que maladie professionnelle ne sont pas remplies : la maladie doit alors être directement causée par le travail habituel du salarié ;
- la maladie qui n’est pas inscrite dans un tableau : elle peut être reconnue comme une maladie professionnelle si elle est essentiellement et directement causée par le travail habituel du salarié et qu’elle a entraîné une incapacité permanente d’au moins 25 % ou son décès.
Précision : le délai de prise en charge correspond au délai maximal compris entre la fin de l’exposition du salarié au risque (cessation d’activité de l’entreprise, départ à la retraite…) et la première constatation médicale de la maladie. Il est, par exemple, de 10 ans entre des travaux exposant le salarié à l’action des rayons X ou des substances radioactives naturelles ou artificielles et la cataracte et de 30 ans entre ces mêmes travaux et une leucémie.
Limitation de l’indemnisation en cas d’accident du travail et de maladie professionnelle
La retraite
Suspension de la réforme des retraites
Modifications apportées au calendrier de déploiement de la réforme des retraites de 2023
Année de naissance
Règles issues de la réforme des retraites de 2023
Règles issues de la LFSS 2026
Âge légal de départ à la retraite
Durée d’assurance requise*
Âge légal de départ à la retraite
Durée d’assurance requise*
1963
62 ans et 9 mois
170
62 ans et 9 mois
170
1964
63 ans
171
62 ans et 9 mois
170
1965 (du 1er janvier au 31 mars)
63 ans et 3 mois
172
62 ans et 9 mois
170
1965 (du 1er avril au 31 décembre)
63 ans et 3 mois
172
63 ans
171
1966
63 ans et 6 mois
172
63 ans et 3 mois
172
1967
63 ans et 9 mois
172
63 ans et 6 mois
172
1968
64 ans
172
63 ans et 9 mois
172
1969
64 ans
172
64 ans
172
*Nombre de trimestres de retraite nécessaires pour l’obtention d’une pension de retraite à taux plein.
Majorations de durée d’assurance pour enfant
En complément : les pouvoirs publics prévoient également de modifier par décret le calcul des pensions de retraite des femmes ayant eu des enfants. Concrètement, leur pension, aujourd’hui calculée sur les 25 meilleures années en termes de revenus professionnels, tiendrait compte uniquement des 24 (mères d’un enfant) ou des 23 (mères de 2 enfants ou plus) meilleures années de carrière.
Durcissement du cumul emploi-retraite
- qu’ils ont atteint l’âge légal de départ à la retraite et qu’ils justifient de la durée d’assurance requise pour bénéficier d’une pension de retraite à taux plein (ou bien qu’ils ont atteint l’âge permettant de percevoir automatiquement une pension de retraite à taux plein) ;
- et qu’ils ont obtenu l’attribution de l’ensemble de leurs pensions de retraite, de base et complémentaire.
- avant l’âge légal de départ à la retraite : l’intégralité des revenus professionnels et des revenus de remplacement perçus par le retraité seront déduits du montant de sa pension de retraite ;
- à compter de l’âge légal de départ à la retraite et avant 67 ans : la moitié des revenus professionnels et de remplacement qui dépassent un certain seuil (7 000 € par an selon l’exposé des motifs du projet de LFSS 2026) sera déduite de la pension de retraite ;
- à partir de 67 ans : la pension de retraite pourra être intégralement cumulée avec des revenus professionnels et de remplacement.
Les mesures spécifiques aux non-salariés agricoles
Calcul des cotisations sociales personnelles sur un revenu estimé
- sur la moyenne de leurs revenus professionnels des 3 années précédentes (assiette triennale) ;
- ou, sur option, sur leurs revenus professionnels de l’année précédente (assiette annuelle).
À noter : un décret doit encore venir préciser, en particulier, les conditions dans lesquelles les chefs d’exploitation ou d’entreprise agricole peuvent opter pour ce mode de calcul ainsi que la durée minimale de cette option.
Extension de l’exonération « jeune agriculteur » aux conjoints collaborateurs
- qu’ils aient été affiliés à la MSA en tant que conjoint collaborateur pendant au moins 5 ans ;
- et qu’ils s’engagent à exercer leur activité de chef d’exploitation ou d’entreprise agricole, à titre principal ou exclusif, pendant au moins 5 ans.
Rappel : l’exonération de cotisations « jeune agriculteur » consiste en une exonération partielle, pendant 5 ans, des cotisations sociales personnelles dues par le chef d’exploitation ou d’entreprise agricole au titre de l’assurance maladie-maternité (Amexa), de l’assurance invalidité, de l’assurance vieillesse et des prestations familiales.
Capital décès étendu pour les ayants droit
- décédé à la suite d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle ;
- ou ayant perçu, au cours des 3 mois précédant son décès, une prestation d’invalidité ou une rente d’incapacité permanente.
Précision : les conditions de versement du capital décès en raison du décès d’un non-salarié agricole titulaire d’une prestation d’invalidité ou d’une rente d’incapacité permanente doivent encore être déterminées par décret. Ceci concerne la durée minimale d’affiliation au régime des non-salariés agricoles (qui pourrait être d’un an) ainsi que le taux minimal d’incapacité permanente (qui pourrait être fixé à 66,66 %).
Dispense d’affiliation pour les bailleurs à métayage
- du preneur qui est déjà affilié à la MSA en tant que salarié agricole ;
- du bailleur qui exerce simultanément plusieurs activités professionnelles indépendantes et est déjà affiliée pour son activité principale.
En pratique : cette dispense d’affiliation a été intégrée dans la LFSS par un amendement visant spécifiquement les bailleurs à métayage (propriétaires de vignes) des exploitations viticoles en Champagne qui ne participent ni à l’activité, ni à la direction, ni au financement de l’exploitation (contrat dit de « métayage franc »). En effet, à la suite de l’intégration dans le Code rural et de la pêche maritime de l’article L722-7-1, la MSA de la Marne avait affilié comme chefs d’exploitation les bailleurs à métayage champenois.
Article publié le 29/01/2026 - © Les Echos Publishing - 2026 - Crédit Photo : Dragos Condrea
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