
Loi de finances 2024 : les principales nouveautés pour les professionnels
Du côté de la fiscalité professionnelle, la loi de finances pour 2024 officialise le nouveau calendrier du passage obligatoire à la facturation électronique, mais également celui de la disparition progressive de la CVAE.
Nouveau calendrier de déploiement de la facturation électronique
Les entreprises devront prochainement recourir à la facturation électronique et transmettre leurs données de transaction et de paiement. L’entrée en vigueur de ce dispositif est toutefois reportée afin, selon le gouvernement, « de donner le temps nécessaire à la réussite de cette réforme structurante pour l’économie ».
Les contours de la réforme
Un changement de calendrier
- le 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises, les ETI et les groupes TVA ;
- le 1er septembre 2027 pour les PME et les micro-entreprises.
Précision : la taille de l’entreprise s’appréciera sur la base du dernier exercice clos avant le 1
La CVAE joue les prolongations !
La cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), qui est, avec la cotisation foncière des entreprises (CFE), l’une des deux composantes de la contribution économique territoriale (CET), devait purement et simplement disparaître dès 2024. Finalement, elle est réduite progressivement sur 4 ans, pour une suppression totale à partir de 2027.
Une suppression échelonnée...
Rappel : la CVAE est due par les entreprises, imposables à la CFE, dont le chiffre d’affaires hors taxes excède 500 000 €, quels que soient leur statut juridique, leur activité et leur régime d’imposition, sauf exonérations.
À savoir : seule la CVAE minimale de 63 € est supprimée dès 2024.
... et une baisse du plafonnement
Précision : lorsque la CET dépasse un certain pourcentage de la valeur ajoutée produite par l’entreprise, cet excédent peut donner lieu à un dégrèvement (« le plafonnement »). Pour en bénéficier, l’entreprise doit en faire expressément la demande.
Les obligations déclaratives
2026
Renforcement du contrôle fiscal et de la lutte contre la fraude
Plusieurs mesures visent à renforcer l’action du gouvernement en matière de contrôle fiscal et de lutte contre la fraude.
Une vérification de comptabilité délocalisée
Un délit de mise à disposition de schémas fiscaux frauduleux
À savoir : ce délit est puni, en principe, de 3 ans d’emprisonnement et d’une amende de 250 000 € pour une personne physique. L’amende étant multipliée par 5 s’il s’agit d’une personne morale.
Un élargissement des enquêtes sur internet
Intérêts moratoires systématiques
Plusieurs changements pour les exploitants agricoles
La loi de finances entend mettre fin aux avantages fiscaux liés aux énergies polluantes. C’est pourquoi elle supprime progressivement le régime de faveur propre au gazole non routier (GNR) tout en renforçant d’autres dispositifs fiscaux en faveur des exploitants agricoles.
La fin de l’avantage GNR
De nouveaux seuils de recettes pour l’exonération des plus-values
- totale lorsque les recettes annuelles n’excèdent pas 350 000 € (au lieu de 250 000 € auparavant) ;
- partielle lorsque ces recettes excèdent 350 000 €, sans atteindre 450 000 € (au lieu de 350 000 €).
À savoir : ces nouveaux seuils d’exonération s’appliquent également aux plus-values réalisées à l’occasion de la cession de matériels agricoles ou forestiers par les entreprises de travaux agricoles ou forestiers.
Le relèvement du plafond annuel de la DEP
Plafond 2024 de la DEP
Bénéfice imposable (b)
Montant du plafond
b < 32 608 €
100 % du bénéfice
32 608 € ≤ b < 60 385 €
32 608 € + 30 % du bénéfice > 32 608 €
60 385 € ≤ b < 90 579 €
40 942 € + 20 % du bénéfice > 60 385 €
90 579 € ≤ b < 120 771 €
46 979 € + 10 % du bénéfice > 90 579 €
b ≥ 120 771 €
50 000 €
Des aménagements pour certains crédits d’impôt
Crédit d’impôt pour congés
Précision : le coût d’une journée est plafonné à 42 fois le taux horaire du minimum garanti en vigueur au 31 décembre de l’année.
Crédit d’impôt haute valeur environnementale
Crédit d’impôt pour non-utilisation de glyphosate
Crédit d’impôt agriculture biologique
Employeurs : les nouveautés sociales à connaître
Comme de coutume, la loi de finances apporte son lot de nouveautés sociales pour les entreprises. Au programme de l’année 2024, notamment, la prolongation des exonérations sociale et fiscale applicables aux pourboires et l’augmentation des plafonds d’exonération liés à la prise en charge, par les employeurs, des frais de trajet domicile-travail des salariés. Le point sur les nouvelles mesures introduites.
Les pourboires versés aux salariés
Précision : les pourboires sont exonérés d’impôt sur le revenu ainsi que des cotisations et contributions sociales d’origine légale ou conventionnelle (y compris CSG-CRDS, contribution formation, taxe d’apprentissage, versement mobilité, etc.).
La prise en charge des frais de trajet des salariés
- la prime de transport, facultative, qui concerne les frais de carburant et les frais d’alimentation des véhicules électriques, hybrides rechargeables ou à hydrogène ;
- le forfait mobilités durables, facultatif lui aussi, qui prend en compte les frais liés aux trajets effectués au moyen de transports dits « propres » (vélo, covoiturage, trottinette électrique…) ;
- la participation, obligatoire cette fois, à hauteur de 50 %, aux frais d’abonnement aux transports publics de personnes (bus, train, métro…) et aux services publics de location de vélos.
Plafonds annuels des frais de trajet pris en charge par l’employeur et exonérés (par salarié)
Dispositif
Années 2022, 2023 et 2024
A compter de 2025
Prime de transport
700 € (1)
(dont 400 € (2) maximum pour les frais de carburant)600 €
(dont 300 € maximum pour les frais de carburant)
Forfait mobilités durables
700 € (1)
600 €
Prime de transport
+ Forfait mobilités durables700 € (1)
(dont 400 € (2) maximum pour les frais de carburant)600 €
(dont 300 € maximum pour les frais de carburant)
Participation aux frais d’abonnement de transports publics
75 % du coût de l’abonnement (3)
50 % du coût de l’abonnement, en principe
Participation aux frais d’abonnement de transports publics
+ Forfait mobilités durables800 €
(ou montant de la participation obligatoire aux abonnements de transports publics si celui-ci est supérieur)900 €
(ou montant de la participation obligatoire aux abonnements de transports publics si celui-ci est supérieur)
(1) Ce plafond est porté à 900 € en Guadeloupe, Guyane, Martinique, La Réunion et Mayotte.
(2) Ce plafond est porté à 600 € en Guadeloupe, Guyane, Martinique, La Réunion et Mayotte.
(3) L’obligation de remboursement par l’employeur reste fixée à 50 % du prix de l’abonnement.
Le versement mobilité
Les autres nouveautés fiscales concernant les professionnels
Découvrez les autres nouveautés en matière professionnelle de cette loi de finances pour 2024.
Fusion de certaines zones aidées
Un nouveau crédit d’impôt pour l’industrie verte
Taxes sur les véhicules
Aménagement du dispositif JEI
Barème de la taxe sur les salaires
Limites des tranches du barème de la taxe sur les salaires versés en 2024
Fraction des rémunérations individuelles et annuelles
Taux
≤ 8 985 €
4,25 %
> 8 985 € et ≤ 17 936 €
8,50 %
> 17 936 €
13,60 %
Précision : les associations bénéficient d’un abattement sur la taxe sur les salaires de 23 616 € pour 2024.
Article publié le 15/01/2024 - © Les Echos Publishing - 2024 - Crédit Photo : MicroStockHub / Getty Images
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